A pour objectif de faire connaître au public les activités et initiatives de la section du PCF qui rayonne sur le canton d'Irigny(69)
Avis de Jean Chambon sur le projet
d’Anneau des Sciences au nom
des communistes du canton d’irigny
Les communistes du canton d’Irigny restent opposés au TOP. Cela renforce l’opinion émise par le maire de Pierre Bénite paru dans le Progrès. Le document officiel sur l’Anneau des Sciences ne nous convainc pas de l’opportunité et de la pertinence de boucler le périphérique.
Au regard du projet, de son ampleur et de son coût, il m’apparait important que la Commission nationale du débat public utilise tout le temps prévu par la loi. Toutes les conditions doivent être réalisées pour une démarche citoyenne efficace permettant à un maximum de public intéressé à participer. Le débat public pourrait être clos le 9 mars 2013 !
Le document officiel fait une place très déséquilibrée aux 3 hypothèses n’incluant pas la construction du TOP. Ces 3 hypothèses soient rejetées avec un certain mépris, alors que leur non-pertinence n’est pas démontrée mais simplement affirmée.
C’est d’autant plus regrettable, que la combinaison de l’hypothèse 1 (application du SCOT) avec l’hypothèse 3 (Ouverture de nouveaux corridors pour les transports en commun) pourrait déboucher sur une alternative pertinente et crédible si elle était complétée d’une part de l’amélioration de certaines voiries existantes et d’autre part de l’utilisation du transport fluvial complètement absent du projet.
La démarche mise en œuvre par les promoteurs du projet pose problème. Nous avons le sentiment d’avoir un projet ficelé justifié avec une argumentation parfois contradictoire et attrape-tout.
Il serait plus pertinent d’avoir comme point de départ, une seule question en rapport direct avec l’objet dont a été saisi la Commission Nationale à savoir le projet d’une nouvelle infrastructure routière.
Cette question devrait être : « comment répondre aux besoins actuels et futurs de déplacement des grands-lyonnais en visant leur limitation en nombre, leur réduction en kilomètres, en temps et coût, en visant des modes de transport plus sécurisés, plus confortables, plus rapides, plus respectueux du Grenelle de l’environnement et du cadre de vie et permettant de fluidifier le trafic aux divers points de congestion qui posent problème au citoyens et au Grand Lyon ».
Il est possible, avec cette démarche, de prendre en compte l’objectif de la déqualification de l’autoroute jusqu’à Pierre Bénite sans s’arrêter à la Saulaie, comme il est possible d’avoir une offre de déplacement qui favorise tous les transports collectifs, et qui par leur attractivité et efficacité, permettent de limiter voire de freiner l’utilisation de l’automobile, afin d’être encore mieux en phase avec le Grenelle.
Cette logique est plus cohérente avec l’objet du projet (améliorer les conditions des déplacements d’ici 2030 en solutionnant le fameux nœud lyonnais) et elle contribue à un débat public constructif et rassembleur car n’opposant pas les populations entre-elles.
Quand on examine les objectifs du projet fixés par ses promoteurs, ils sont louables certes, mais ils restent malgré tout très insuffisants et surtout non-pertinents pour décider d’une politique de mobilités incluant une nouvelle infrastructure routière lourde et urbaine tel que le TOP. Ils sont surtout des objectifs couperets permettant de rejeter toute alternative.
Il ressort assez clairement du document officiel que le TOP a surtout vocation à être un contournement de l’agglomération afin de remplacer la partie de l’autoroute A6-A7 déqualifiée. Ce transfert d’une partie du trafic voiture de l’autoroute au TOP, conduira à une aggravation des nuisances dans les villes traversées par le TOP du fait du trafic qui augmentera dans ces villes.
Sans nul doute que la situation des habitants du cœur de l’agglomération sera améliorée, mais cela se fera au détriment du cadre de vie, de la santé de ceux des villes périurbaines. Nous serons alors devant une inégalité que nous aurons nous-mêmes créée. Cela motive notre rejet d’un projet qui génère des inégalités entre les populations de l’agglomération. L’ambition doit être d’améliorer la situation de toutes et tous.
Le TOP dès sa mise en service, sera un facteur d’amélioration de la fluidité du trafic, mais nous savons par expérience que cette fluidité n’est qu’éphémère puisqu’en retour elle attire d’avantage de véhicules notamment sur les voiries des villes donnant accès à l’infrastructure routière. Ce phénomène sera accentué si le TOP devait avoir des péages que nous refusons d’envisager.
Imaginez la ville de Pierre Bénite avec ses 10 000 habitants sur 3 kilomètres carrés, enclavée entre l’A7 à l’Est, l’A450 au Sud, le futur TOP au Nord et ses deux échangeurs à moins de deux kilomètres l’un de l’autre (L’échangeur de la Saulaie et celui de l’hôpital Lyon Sud). Si vous ajoutez à cela le PPRT découlant de l’usine Arkema, bonjour les dégâts.
D’ailleurs les chiffres fournis par le document officiel sont éloquents, entre 2011 et 2030 avec l’Anneau des Sciences, le trafic automobile en nombre de véhicules par heure, le soir en heure de pointe, progressera de 10 % sur le boulevard principal qui traverse le centre de Pierre Bénite.
Dans le projet n’apparait à aucun moment, une future liaison transversale par transport en commun reliant le Sud Ouest Lyonnais (à hauteur des Hôpitaux ou Brignais) à la Porte des Alpes via St Fons – la gare de Vénissieux – l’Université) sachant que ce trajet est fait chaque jour par plusieurs centaines de salariés et d’étudiants sans voiture et provenant de l’Ouest Lyonnais. Ils mettent en moyenne une heure et demie avec les lignes de TC existantes passant par le centre de l’agglomération et qui sont saturées dès le matin. Cette transversale mériterait d’être étudiée.
Il va de soi que la déqualification A6-A7 nécessite le contournement de l’agglomération par le trafic de transit du fret (10% du trafic total dans les deux sens) par la réalisation du grand contournement du Grand Lyon. L’Etat n’a pas encore pris position selon le Préfet de Région. Il aura deux choix possibles soit le contournement Est par l’A432 soit le contournement Ouest avec le COL.
Si c’est l’Est qui est choisi avec l’A432, car plus économe, il sera alors nécessaire d’envisager de la relier à l’A7, soit au Sud, soit au Nord de Vienne. Cela permettrait de décongestionner Givors, la Rocade Est et permettrait également aux voitures en transit (Nord-Sud) d’éviter le cœur de l’Agglomération facilitant la requalification de l’A6-A7.
Par contre, le COL étant absent aussitôt une autre question vient, où se déversera le trafic automobile provenant de la future A45 ? Sur l’A 450 et l’Anneau des Sciences projeté, provoquant sa rapide asphyxie. Dans ce cas de figure, il sera donc décisif de renoncer à l’A45 comme nous le demandons.
A notre avis le COL serait une grave erreur politique, financière et écologique. En effet, il est important que le Grand Lyon et ses 1.5 millions d’habitants disposent de ce « poumon vert » constitué par l’Ouest Lyonnais. Cette zone doit être protégée, en même temps que la situation de l’Est lyonnais doit être améliorée.
C’est pourquoi il est important et utile de réfléchir dès maintenant à deux lignes ferroviaires TER, l’une qui relierait Brignais à Rive de Gier et l’autre Brignais à Givors, ce qui aurait pour effet de réduire le trafic sur l’A 450 et de doubler la ligne Lyon-Givors aujourd’hui saturée.
Pour résumer, des alternatives au TOP existent. Elles s’inscrivent dans un projet de transport multimodal et environnemental.
La transparence sur les coûts doit être la règle. Au final l’Anneau des Sciences coûtera entre 3 et 4 milliards d’euros. Regardons objectivement, ce qu’il serait possible de financer comme alternative au TOP avec une telle somme sachant que si le ferroviaire est plus présent, la SNCF et la Région ont un rôle important à jouer.
Je terminerai en rajoutant que le critère coût est important, mais qu’il n’est pas le seul pour évaluer un projet de mobilités. Depuis le Grenelle de l’environnement, des critères quantitatifs et qualitatifs sont à prendre en compte pour une juste évaluation des projets de mobilité qui ne peuvent faire l’impasse sur les usagers pour lesquels l’instauration d’une carte multimodale serait la bienvenue.
Le 29 novembre 2012