Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

A pour objectif de faire connaître au public les activités et initiatives de la section du PCF qui rayonne sur le canton d'Irigny(69)

Publicité

Les enjeux de l'enseignement en 2012

 

Il faut embaucher, mieux payer, mieux former

et mieux considérer le corps enseignant !

 

 

Une France sans "profs" ? L'image est révoltante. Ainsi on ne trouverait plus de professeurs. Dans un pays où le taux de chômage des jeunes dépasse les 22 % de la population active, on manque de candidats au métier d'enseignant ? Dans un pays où la salle de classe a été sacralisée par la littérature et la mythologie nationale, il y aurait une crise des vocations ?

Les résultats 2012 du certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du deuxième degré, ou Capes, sont sans appel. Il y avait peu de places ouvertes cette année : 4 847 postes à pourvoir. Près de 15 % sont restés vacants. Pas de candidats. Mais rappelons-nous que déjà en  2011 le taux de vacance était de 20%.

 

La profession ne serait donc plus attractive. Cela mérite un diagnostic sérieux mais aussi un vrai coup de gueule ou de colère, car cette situation aura des conséquences graves pour les générations futures et sur le devenir de notre pays, car l’éducation et la formation ne sont pas de coûts mais l’investissement fondamental de la nation.

 

Devant la rareté des candidatures on s’oblige à recruter plus large avec moins d’exigences avec des critères de sélection assouplis. Cela peut donc avoir des conséquences sur le niveau et la qualité des formations dispensées et dont les victimes sont nos enfants et la société de demain.

 

Cela est triste dans une France de 2012 qui n’en finit pas de tenir de grands discours sur l'économie du savoir.

 

Pourquoi cette non attractivité ? Il serait trop facile de jeter la pierre à tout le monde. Les responsabilités de cette situation sont claires. A force de vouloir imposer l’austérité (baisse de l’emploi public et baisse du niveau des rémunérations) pour dégager une rente publique aux marchés financiers, cela conduit tout droit au déclin des services publics qui ont en charge l’intérêt général et la gestion des biens communs. Des secteurs fondamentaux pour la nation et son avenir sont ainsi sacrifiés. L’école et la santé sont de ceux-là !

 

La profession de professeur a perdu de son attractivité : le statut social et les rémunérations se sont effondrés. Un enseignant "bac + 5" débute sa carrière à 1 580 euros mensuels ; dix ans plus tard, il empochera à peine 1 900 euros. Ce sont des salaires inférieurs à la moyenne de l'OCDE (Amérique du Nord, Japon, Europe).

 

La France sous-paye ses enseignants alors que la baisse des effectifs et la progression du nombre d’élèves conduisent à des salles de classe surchargées, des conditions de travail et d’étude détestables avec une montée à la fois des traumatismes psychosociaux dont le stress chez les enseignants et une montée de l’échec scolaire chez les élèves.

 

Dans ces conditions là, les jeunes ne se tournent plus vers ces professions qui sont d’avenir notamment parce que les sociétés sont bouleversées par la révolution technologique et technique dont la maîtrise appelle toujours plus de connaissances, de savoirs, de savoirs faire et donc un enseignement général et spécialisé au contenu supérieur et d’une grande qualité pour transmettre les savoirs, éduquer, enseigner et accompagner afin de laisser le minimum de gosses en échec.  

 

Devant tant d’enjeux, il est inadmissible de continuer à envoyer les tout jeunes enseignants, ceux qui ont le moins d'expérience, dans les écoles les plus difficiles. En Chine, la région de Shanghaï tente avec succès l'expérience inverse : les professeurs les plus compétents et les plus expérimentés sont affectés aux quartiers les moins favorisés. Pourquoi ne pas y réfléchir ?

 

François Hollande a raison de vouloir muscler l'encadrement général de nos établissements. Mais est-ce suffisant ? N’y t-il pas besoin de porter une autre ambition pour notre jeunesse et pour notre pays ?  

 

Il y a tout d’abord besoin de beaucoup plus d’enseignants et cela dans toutes les disciplines. Chacune d’elle est utile et nécessaire pour former des citoyens aptes à comprendre la société et ses contradictions et aptes à déceler les chemins à emprunter pour favoriser le développement humain, démocratique et social.

 

Evitons les approches simplistes et les fausses oppositions. Il faut tout autant plus d’enseignants que de professeurs bien formés, bien payés et mieux considérés par l’Etat, les parents, les élèves et toute la société.

 

Tout ne relève pas de la dépense publique, mais de l'investissement dans l'avenir. Il faut briser les approches qui visent à propager l’idée fausse que le nombre ne sert à rien mais que ce qui essentiel réside dans le fait que chacun soit mieux payé. Il ne s’agit là que d’un argument mensonger pour faire accepter les baisses d’effectifs et les économies budgétaires imposées par les marchés.

 

C'est une question hautement stratégique et politique puisqu’il s’agit ni plus ni moins de l’avenir de notre pays et donc des femmes et des hommes qui le constituent et sans lesquels rien de solide n’existe et n’existera demain.

 

Le 12 juillet 2012

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cette page
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :